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Vieux Lyon
Colonnade corinthienne et entablement sculpté de la façade du palais de justice historique de Lyon

Le palais de justice historique de Lyon et ses 24 colonnes : histoire, architecture et visite

Photo : Tournasol7, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons.

Monuments et musées

Au bord de la Saône, dans le quartier Saint-Jean, le palais de justice historique de Lyon est l’ancien palais de justice de la ville, également appelé palais de justice des 24 colonnes. Sa façade néoclassique, tournée vers le quai Romain-Rolland, est reconnaissable à ses 24 colonnes corinthiennes. Le bâtiment est toujours consacré à la justice : il abrite la cour d’appel et la cour d’assises. Il peut se visiter avec un guide d’ONLYLYON Tourisme, notamment pour découvrir la salle des pas perdus et certaines salles d’audience.

Un palais judiciaire au bord de la Saône

Le palais se situe dans le Vieux Lyon, dans le quartier Saint-Jean, entre la rue du Palais de Justice et la rue de la Bombarde. L’Office de tourisme de Lyon indique cette adresse ; la Ville de Lyon donne quant à elle la place Duquaire. Les deux désignations renvoient au même édifice, au contact immédiat de la Saône.

La façade à colonnes donne sur le quai Romain-Rolland. Cette situation explique la force de sa présence depuis l’autre rive : le bâtiment se lit depuis le quai, depuis la Presqu’île et depuis la passerelle du Palais de Justice. Dans les rues du Vieux Lyon, l’approche est plus resserrée ; sur le quai, la composition de la façade apparaît dans toute sa longueur.

Le palais actuel occupe l’emplacement de l’ancien palais de Roanne. L’ancienneté judiciaire du lieu est attestée par deux indications qui ne coïncident pas exactement. Selon l’Office de tourisme de Lyon, la justice y est rendue depuis le Xe siècle. Selon la Ville de Lyon, elle y est rendue depuis le XIe siècle, d’abord au nom de l’archevêque, puis du roi. Ces deux sources s’accordent néanmoins sur l’idée essentielle : la fonction judiciaire de cet emplacement est très ancienne, bien antérieure au bâtiment visible aujourd’hui.

Cette continuité donne au palais une place particulière dans l’histoire du Vieux Lyon. Il ne s’agit pas d’un monument déplacé ou isolé de son contexte : l’édifice actuel succède à un ancien palais de justice sur un site où la justice était déjà exercée. La Ville de Lyon explique que la vétusté du bâtiment précédent et les fastes du tribunal ont rendu nécessaire une reconstruction au XIXe siècle.

Le palais prend ainsi place dans un quartier dont le cadre patrimonial est lui-même reconnu. Le Vieux Lyon est le premier secteur sauvegardé de France, par arrêté du 12 mai 1964. Il est également inclus, depuis 1998, dans le Site historique de Lyon inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, pour un ensemble de 427 hectares. La présence d’un palais judiciaire du XIXe siècle au sein d’un quartier associé à la Renaissance rappelle que le Vieux Lyon ne se réduit pas à une seule période architecturale.

La reconstruction menée par Louis-Pierre Baltard

Le palais de justice historique a été construit par l’architecte Louis-Pierre Baltard. Les sources officielles divergent légèrement sur la date d’achèvement. Selon la Ville de Lyon, le chantier s’étend de 1835 à 1845. Selon l’Office de tourisme de Lyon, il se déroule de 1835 à 1847. Nous conservons donc les deux dates, avec leur attribution.

L’année 1835 est, dans tous les cas, celle du début du chantier indiquée par les deux sources institutionnelles. Le nouveau palais remplace l’ancien palais de Roanne, dont la vétusté imposait la reconstruction.

Repère Date ou période Indication
Début de la construction 1835 Construction du palais actuel
Fin de la construction selon la Ville de Lyon 1845 Date attribuée à la Ville de Lyon
Fin de la construction selon l’Office de tourisme 1847 Date attribuée à l’Office de tourisme de Lyon

Une façade néoclassique pensée pour le quai

L’élément le plus immédiatement visible est la façade néoclassique à 24 colonnes corinthiennes. C’est elle qui explique l’appellation de « palais de justice des 24 colonnes ». Les colonnes se développent le long de la Saône, selon la formulation de la Ville de Lyon, et inscrivent une référence à l’Antiquité dans un quartier largement associé à l’architecture Renaissance.

Selon l’Office de tourisme de Lyon, Louis-Pierre Baltard s’est inspiré d’un temple grec. Le parti retenu ne consiste toutefois pas à disposer la colonnade sur les côtés : elle est placée sur la façade principale, « pour la rendre plus imposante encore ». Ce choix concentre l’effet architectural vers le quai et vers la rivière. La succession des colonnes compose une façade conçue pour être vue à distance autant que depuis le trottoir.

La référence néoclassique ne fait pas disparaître le contexte urbain du Vieux Lyon. Elle y ajoute un langage architectural distinct, fondé sur la colonnade corinthienne et la façade monumentale. Cette coexistence entre le style à l’antique du palais et le cadre Renaissance du quartier est explicitement soulignée par la Ville de Lyon.

La salle des pas perdus du palais de justice historique de Lyon : colonnes, voûte à caissons et grande porte vitrée au fond
La salle des pas perdus, vaste hall de 625 m² sous une voûte de 17 m, selon l'Office de tourisme. Photo : Romainbehar, CC0, via Wikimedia Commons.

Depuis le quai Romain-Rolland, l’observation peut se faire en prenant le temps de regarder la façade dans sa longueur. Le regard suit l’alignement des colonnes, puis revient vers les ouvertures et les volumes du bâtiment. Depuis les rues du quartier, le palais se rapproche du parcours urbain du Vieux Lyon ; depuis la Saône, il affirme une composition frontale et régulière.

Le quartier qui entoure la cathédrale offre un autre point d’entrée pour comprendre les formes architecturales de Saint-Jean : voir la cathédrale et le quartier Saint-Jean. Et pour une autre demeure du même quartier, de style tout différent, la page sur la maison du Chamarier montre ce que fut le Vieux Lyon avant la colonnade.

L’intérieur : la salle des pas perdus et les salles d’audience

Le palais n’est pas seulement une façade sur la Saône. L’Office de tourisme de Lyon signale la salle des pas perdus comme l’un des espaces majeurs de l’intérieur. Ce vaste hall couvre 625 m² et se trouve sous une voûte de 17 m. Ces deux dimensions donnent la mesure de l’espace intérieur réservé à la circulation et à l’attente dans le palais.

La salle des pas perdus est associée à l’expérience de visite proposée avec un guide d’ONLYLYON Tourisme. Elle permet de passer de la lecture extérieure du monument à celle de ses volumes intérieurs. La voûte, la superficie du hall et la fonction judiciaire du lieu donnent un autre visage au bâtiment que celui, très connu, de sa colonnade tournée vers la Saône.

L’Office de tourisme indique aussi que les visites guidées permettent de parcourir des salles d’audience où furent jugés plusieurs procès majeurs de l’histoire de France. Il n’est pas nécessaire de réduire cette information à une liste de procès ou à des anecdotes : le fait important, pour le visiteur, est que ces salles appartiennent à un palais judiciaire demeuré en activité et qu’elles portent une part de l’histoire judiciaire nationale.

Le bâtiment a été entièrement rénové entre 2009 et 2013, selon l’Office de tourisme de Lyon. Cette rénovation constitue un repère essentiel pour comprendre l’état actuel du palais. Elle ne transforme pas l’édifice en musée : la présence de juridictions dans les lieux demeure au centre de son identité.

Pour une présentation historique et architecturale détaillée, les informations sont à lire directement sur la notice du palais de justice des 24 colonnes, selon l’Office de tourisme de Lyon.

Edmond Locard et les débuts de la police scientifique

Une plaque commémorative a été posée en façade en 2010 en hommage au docteur Edmond Locard, né en 1877 et mort en 1966. Médecin légiste, élève de Lacassagne et pionnier de la police scientifique, il est lié directement à l’histoire du palais.

Selon l’Office de tourisme de Lyon, Edmond Locard a créé en 1910 le premier laboratoire dans ce palais. Il a également rédigé un traité en 7 volumes. La plaque invite ainsi à regarder le bâtiment non seulement comme un siège de justice, mais aussi comme un lieu associé au développement de la police scientifique.

Cette plaque ajoute un repère historique précis à l’architecture du palais, sans modifier sa fonction actuelle. Le bâtiment reste un lieu judiciaire, où l’histoire de la justice, celle de l’architecture et celle de la police scientifique se rencontrent.

Visiter un palais de justice encore en activité

L’Office de tourisme de Lyon indique qu’il est possible de visiter le palais avec un guide d’ONLYLYON Tourisme. La visite permet de découvrir la salle des pas perdus et les salles d’audience évoquées par l’Office de tourisme. C’est la manière indiquée pour entrer dans l’édifice dans un cadre de visite.

Le palais ne doit pas être abordé comme un musée. Depuis la construction de la nouvelle Cité judiciaire à la Part-Dieu, en 1995 selon la Ville de Lyon, la majeure partie des activités judiciaires y est accueillie. L’ancien palais de justice n’abrite plus que la cour d’appel et la cour d’assises, selon l’Office de tourisme. Cette situation explique la coexistence d’une valeur patrimoniale forte et d’une fonction judiciaire toujours présente.

Les sources consultées ne publient ni horaire ni tarif pour cette visite guidée, et ne donnent pas de calendrier d’ouverture libre : le palais ne se visite donc pas à l’improviste. Pour connaître les créneaux, mieux vaut interroger directement l’Office de tourisme.

Pour préparer un parcours dans le quartier avant ou après l’observation du palais, la page préparer sa visite du Vieux Lyon rassemble les repères utiles à une découverte d’ensemble. Le palais peut être regardé depuis le quai, intégré à une promenade dans Saint-Jean ou abordé dans le cadre d’une visite guidée lorsqu’elle est proposée.

Une femme en long manteau camel se tient sur un quai de la Saône, un grand édifice à colonnade en arrière-plan
Sur les quais de la Saône, on prend le recul nécessaire pour lire les façades de la rive.

L’accès en transports en commun est indiqué par les sources officielles :

  • métro, ligne D, station Vieux-Lyon, selon la Ville de Lyon ;
  • bus 31 et 40, arrêt « Romain Rolland », selon l’Office de tourisme de Lyon.

Ces repères conduisent vers le secteur du quai Romain-Rolland et des rues du Vieux Lyon, à proximité du palais.

Les informations de déplacement dans le quartier peuvent être complétées par la page venir et circuler dans le Vieux Lyon. Elles sont particulièrement utiles pour situer le palais entre la rive de Saône, les rues de Saint-Jean et les franchissements vers la Presqu’île.

Ce que l’on voit depuis le quai Romain-Rolland

Le quai Romain-Rolland est le point de vue le plus direct sur la façade à 24 colonnes. Le palais y présente son côté monumental, face à la Saône. Le visiteur peut y distinguer la longue colonnade corinthienne, la régularité de la façade néoclassique et l’inscription du bâtiment dans le paysage de rive.

La lecture depuis le quai aide aussi à comprendre le choix de Baltard. Puisque la colonnade est placée sur la façade principale plutôt que sur les côtés, le rapport à la Saône devient déterminant. La façade n’est pas seulement un décor de rue : elle constitue le front visible du palais depuis l’autre rive et depuis les cheminements longeant le fleuve.

À proximité immédiate se trouve la passerelle du Palais de Justice. Elle relie le quai Romain-Rolland, dans le Vieux Lyon, à la Presqu’île, au droit du palais. Depuis cette traversée, le palais peut être observé dans son rapport direct avec la Saône, les quais et la rive opposée.

Elle offre un point de passage entre les deux rives et un point de vue sur la façade, sans qu’il soit nécessaire de chercher un recul important dans les rues du quartier : le quai, la passerelle et la colonnade forment un ensemble lisible d’un seul coup d’œil.

À voir autour du palais

Le palais est situé dans le quartier Saint-Jean. Trois prolongements naturels s’offrent à la promenade :

  • les rues anciennes et les abords de la cathédrale, pour mesurer le contraste entre la colonnade à l’antique et l’environnement Renaissance ;
  • les cours et traboules conventionnées, ouvertes de 7 h à 19 h selon l’Office de tourisme ;
  • le quai lui-même, pour une dernière vue d’ensemble sur la façade.

Les traboules, ces passages qui traversent les immeubles, sont l’autre grande particularité du Vieux Lyon ; la page sur les traboules du Vieux Lyon en donne les adresses et les règles de visite. Cette découverte complète utilement une promenade commencée sur le quai, où le palais offre une architecture plus frontale et monumentale.

Enfin, la page de la Ville de Lyon apporte son propre éclairage sur la reconstruction du XIXe siècle, le rôle de Louis-Pierre Baltard, la fonction judiciaire du site et la nouvelle Cité judiciaire. Ces informations sont présentées sur la page consacrée à l’ancien palais de justice, selon la Ville de Lyon.

Questions fréquentes

Pourquoi parle-t-on du palais de justice des 24 colonnes ?

Le palais possède une façade néoclassique à 24 colonnes corinthiennes tournée vers la Saône. Cette caractéristique explique son appellation courante de palais de justice des 24 colonnes.

Le palais de justice historique de Lyon est-il encore en activité ?

Oui. Selon l'Office de tourisme de Lyon, il abrite encore la cour d'appel et la cour d'assises. Ce n'est pas un musée.

Peut-on visiter le palais ?

L'Office de tourisme de Lyon indique que des visites avec un guide d'ONLYLYON Tourisme permettent de parcourir la salle des pas perdus et des salles d'audience. Aucun horaire ni tarif n'est publié sur la notice : renseignez-vous auprès de l'Office de tourisme.

Quand le palais actuel a-t-il été construit ?

Il a été construit par Louis-Pierre Baltard à partir de 1835. La Ville de Lyon indique une fin de chantier en 1845, tandis que l'Office de tourisme de Lyon indique 1847.

Depuis quand la justice est-elle rendue à cet emplacement ?

Les sources divergent : l'Office de tourisme de Lyon indique le Xe siècle, tandis que la Ville de Lyon indique le XIe siècle, d'abord au nom de l'archevêque puis du roi.