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Vieux Lyon
Une femme élégante en manteau sombre tient une carte ancienne dans une cour à arcades en pierre

Histoire du Vieux Lyon : des foires de la Renaissance à l'inscription à l'UNESCO

Histoire

Le Vieux Lyon est souvent présenté comme un décor de Renaissance, mais c’est d’abord un quartier qui a failli disparaître et qu’une poignée d’habitants, puis l’État, ont décidé de sauver. Son histoire tient en deux mouvements : une époque de richesse, où des foires, des banques et des imprimeries ont fait de Lyon un centre européen, puis une époque de déclin et de sauvegarde, au XXe siècle, qui explique pourquoi ces rues existent encore.

Cette page propose une chronologie sourcée. Chaque date est rattachée à une source officielle (Ville de Lyon, Office de tourisme, UNESCO, ministère de la Culture) ou à une source savante que nous citons nommément. Quand une donnée est discutée ou ne peut pas être vérifiée, nous le disons. Pour le plan de visite, voyez le guide Visiter le Vieux Lyon.

Une chronologie en un coup d’œil

Date Événement Source
1175 à 1481 Construction de la cathédrale Saint-Jean-Baptiste Ville de Lyon
1316 Couronnement du pape Jean XXII Office de tourisme
1379 Installation de l’horloge astronomique de la cathédrale Office de tourisme
8 mars 1463 Lettres de Louis XI instituant quatre foires de quinze jours par an Grand Lyon (Millénaire 3)
1496 à 1516 Grands travaux de la Maison du Chamarier Office de tourisme
1523 Arrivée à Lyon de l’imprimeur Sébastien Gryphe Wikipédia, fiche Gadagne
1532 Rabelais, médecin à l’Hôtel-Dieu Fiche Gadagne
1536 Galerie Philibert de l’Orme, 8 rue Juiverie Office de tourisme
13 décembre 1600 Mariage d’Henri IV et de Marie de Médicis à la cathédrale Office de tourisme
1622 Richelieu reçoit le chapeau de cardinal à Lyon Office de tourisme
1937 Inscription de la maison de la Tour Rose (16 rue du Bœuf) aux Monuments historiques Base Mérimée
1943 Inscription de la Maison du Chamarier aux Monuments historiques Office de tourisme
1946 Fondation de La Renaissance du Vieux-Lyon Ville du 5e, patrimoine-lyon.org
4 août 1962 Loi Malraux Ministère de la Culture
12 mai 1964 Le Vieux Lyon devient officiellement secteur sauvegardé patrimoine-lyon.org
Juillet 1990 Convention de la Ville de Lyon sur les cours et traboules Office de tourisme
1998 Inscription du Site historique de Lyon à l’UNESCO UNESCO

Une ville de foires : 1463

Au Moyen Âge finissant, la prospérité de Lyon repose sur le commerce. Deux puis trois foires se tenaient dès 1420. Des lettres du roi Louis XI, datées du 8 mars 1463, ont ensuite fixé quatre foires de quinze jours par an : celles des Rois, de Quasimodo, du début d’août et de l’après-Toussaint. Cette précision vient d’une source savante du Grand Lyon (Millénaire 3), que nous citons telle quelle plutôt que de la reformuler en certitude absolue.

Ce système de foires est la cause profonde de ce que l’on admire aujourd’hui dans le quartier. Les foires font venir des marchands de toute l’Europe, qui ont besoin de logements, de lieux de stockage, de changeurs et de banquiers. Le Vieux Lyon, entre la Saône et la colline, devient leur quartier : on y bâtit, on y prête, on y négocie. Les maisons à cours intérieures, que l’on appelle aujourd’hui traboules lorsqu’elles se traversent, sont l’un des visages de cette ville marchande, où l’on circule d’une rue à l’autre sans repasser par la voie publique. Pour la liste des 27 adresses ouvertes au public, voyez la page sur les traboules du Vieux Lyon.

Détail du plan scénographique de Lyon vers 1550 : la Saône et la ville dense qui la borde
Plan scénographique de Lyon vers 1550 (planche 13) : la Saône et la ville dense et serrée qui la borde. Document du domaine public : Anonyme, via Wikimedia Commons.

Les banquiers florentins et les imprimeurs

À partir du début du XVIe siècle, les banquiers s’installent en nombre. Selon le dossier pédagogique de l’exposition « Renaissance » du musée des beaux-arts de Lyon, on compte alors une cinquantaine de maisons de banque florentines, parmi lesquelles les Guadagni, Capponi, Gondi, Cei, Del Bene, Strozzi ou Gagliano, concentrées dans le Vieux Lyon, entre les rues Juiverie et Lainerie et la place du Change. Cette concentration explique pourquoi le quartier Saint-Paul, au nord du Vieux Lyon, est décrit par patrimoine-lyon.org comme le centre financier et commercial, tandis que Saint-Jean abritait le haut clergé et l’aristocratie, et Saint-Georges les artisans. Pour parcourir ces rues aujourd’hui, la page Saint-Paul propose les adresses.

Presque au même moment, un autre métier fait la réputation de Lyon : l’imprimerie. Sébastien Gryphe (Gryphius), originaire du Wurtemberg, arrive à Lyon en 1523. Étienne Dolet (1509-1546) travaille chez lui comme correcteur, avant de devenir imprimeur à son tour. François Rabelais, lui, exerce comme médecin à l’Hôtel-Dieu de Lyon à partir de 1532 : la fiche des musées Gadagne indique 1532-1535, d’autres sources allant jusqu’en 1538, c’est pourquoi nous écrivons simplement « à partir de 1532 ». Le Grand Lyon situe l’apogée de l’imprimerie lyonnaise vers 1530-1560, c’est-à-dire au moment où les foires déclinent.

Cette coïncidence de dates est précieuse pour comprendre la ville : le commerce international s’affaiblit, mais Lyon reste une cité de savoir et de textes, où se croisent humanistes, médecins et imprimeurs. Les musées Gadagne, dont le Musée d’histoire de Lyon, conservent la mémoire de cette période ; nous y revenons plus bas.

La Renaissance dans la pierre : quelques adresses à connaître

Plusieurs bâtiments du Vieux Lyon rendent concrète cette époque de richesse. Ils sont aussi des repères de visite.

  • La galerie Philibert de l’Orme, au 8 rue Juiverie, est une galerie Renaissance construite en 1536 par Philibert de l’Orme (« Delorme ») pour Antoine Bullioud, contrôleur général des finances, selon l’Office de tourisme. L’entrée est libre, et la cour figure parmi les 27 conventions du Vieux Lyon. L’Office de tourisme y signale des trompes.
  • La Maison du Chamarier, au 37 rue Saint-Jean, est un fleuron du XVe siècle, dont les parties les plus anciennes remontent au XIIIe siècle ; de grands travaux y ont eu lieu entre 1496 et 1516, et elle a été construite pour François d’Estaing. Elle a été inscrite aux Monuments historiques le 15 septembre 1943 et reste inoccupée depuis 1987. La liste de la Ville de Lyon signale son ouverture comme prochaine : à vérifier avant de s’y rendre.
  • La Tour Rose, cour de la Maison du Crible, au 16 rue du Bœuf, est une maison du XVIIe siècle selon l’Office de tourisme, dont le portail d’entrée serait dû, d’après la même source, à l’architecte italien Sebastiano Serlio. La maison est inscrite Monument historique par arrêté du 12 avril 1937 (notice Mérimée PA00117886). La cour est ouverte de 7 h à 19 h tous les jours selon l’Office de tourisme, mais elle ne figure pas parmi les 27 conventions de la Ville : nous la présentons donc comme une cour ouverte au public selon l’Office de tourisme, pas comme une traboule conventionnée.

La cathédrale et les grands rendez-vous de l’histoire

La cathédrale Saint-Jean-Baptiste, primatiale de Lyon, dit beaucoup de l’histoire longue du quartier. Selon la Ville de Lyon, elle a été construite de 1175 à 1481. L’Office de tourisme rappelle quelques épisodes marquants : le couronnement du pape Jean XXII en 1316, le mariage d’Henri IV et de Marie de Médicis le 13 décembre 1600, et la réception du chapeau de cardinal par Richelieu en 1622.

Son horloge astronomique a été installée en 1379. Elle ne sonne que quatre fois par jour, à 12 h, 14 h, 15 h et 16 h, selon l’Office de tourisme. Vandalisée le 23 mars 2013, elle a été réparée et fonctionne de nouveau depuis septembre 2024. Les horaires d’ouverture de la cathédrale, vérifiés sur le site officiel le 2 novembre 2026, sont détaillés dans la page Saint-Jean. L’angle religieux de la primatiale (saints lyonnais, liturgie) est traité sur le site de la paroisse de Saint-Fons et Feyzin, auquel nous renvoyons plutôt que de le répéter : la primatiale Saint-Jean vue par les paroisses de Saint-Fons et Feyzin.

Le déclin, puis le sauvetage : 1946-1964

Au XXe siècle, le Vieux Lyon n’est plus le quartier des banquiers. Les sources officielles que nous avons consultées ne détaillent pas les décennies de déclin ; ce que l’on sait en revanche, c’est la réaction qui l’a stoppé.

En 1946, des habitants fondent l’association « La Renaissance du Vieux-Lyon », selon la Ville du 5e arrondissement et le site patrimoine-lyon.org. Il faut le répéter, car l’erreur est fréquente : la date de 1954, que l’on trouve dans certains textes, est fausse et ne doit pas être reprise. L’association se bat pour la préservation du quartier à une époque où des projets de démolition et de voie express existaient. Le maire de Lyon de l’époque, Louis Pradel, en poste de 1957 à 1976, a vu ces projets écartés, selon patrimoine-lyon.org.

La loi n° 62-903 du 4 août 1962, dite loi Malraux, complète la législation sur la protection du patrimoine historique et esthétique de la France et crée les secteurs sauvegardés. Le ministère de la Culture la range parmi les dates clés de son histoire. Le Vieux Lyon en devient le premier bénéficiaire : le 12 mai 1964, un arrêté interministériel en fait officiellement un secteur sauvegardé, le premier de France. Le plan de sauvegarde et de mise en valeur, document d’urbanisme du secteur, est consultable sur le site du Grand Lyon, avec son inventaire des cours et traboules daté du 30 septembre 1997.

Cour intérieure de la Longue traboule, avec un passage voûté, des volets de bois et des fenêtres à grilles
Une cour de la Longue traboule, traversée par un passage public. Photo : Chabe01, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Ce second mouvement a une conséquence très concrète pour le visiteur : si l’on peut aujourd’hui traverser des cours privées, c’est qu’une convention, adoptée en juillet 1990, garantit un droit de passage public pour les piétons, avec une participation de la Ville et de la Métropole à l’entretien, au nettoyage et à l’éclairage. Ce dispositif est l’héritier direct de la logique de sauvegarde amorcée dans les années 1940 et 1960. La liste officielle compte 27 conventions dans le Vieux Lyon, sur 50 pour l’ensemble de la ville (22 à la Croix-Rousse, 1 dans la Presqu’île).

1998 : l’inscription à l’UNESCO

En 1998, l’UNESCO inscrit le « Site historique de Lyon » sur la Liste du patrimoine mondial, au titre des critères (ii) et (iv), avec un bien de 427 hectares et une zone tampon de 323 hectares (dossier n° 872). Il faut insister sur un point que beaucoup de guides brouillent : le Vieux Lyon n’est pas inscrit seul. Il fait partie d’un ensemble qui comprend aussi Fourvière, la Presqu’île et la Croix-Rousse. Écrire que « le Vieux Lyon est inscrit à l’UNESCO en 1954 » cumule d’ailleurs deux erreurs : la date est 1998 et le périmètre est plus vaste.

Quelques chiffres sur le Vieux Lyon lui-même circulent avec des variantes. L’Office de tourisme parle de 24 hectares ; d’autres documents mentionnent environ 30 hectares et plus de 500 immeubles pour le secteur sauvegardé, ou 25 hectares dans une notice philatélique. Nous retenons le chiffre de 24 hectares avec son attribution à l’Office de tourisme, et nous signalons que le périmètre varie selon les documents.

Les pièges de dates à éviter

L’histoire du Vieux Lyon circule sur beaucoup de sites, et certaines erreurs se recopient d’un texte à l’autre. Voici celles qu’il vaut mieux connaître avant d’écrire, de raconter ou de préparer une visite guidée.

  • La Renaissance du Vieux-Lyon a été fondée en 1946, pas en 1954.
  • Le statut de secteur sauvegardé date de 1964 (arrêté du 12 mai), après la loi Malraux de 1962 : les deux dates ne se confondent pas.
  • L’inscription à l’UNESCO date de 1998 et concerne le Site historique de Lyon dans son ensemble, pas le seul Vieux Lyon.
  • La Tour Rose est la cour de la Maison du Crible, au 16 rue du Bœuf ; l’hôtel qui porte ce nom, au 22 rue du Bœuf, est un autre établissement.
  • Pour les horaires de la cathédrale, la source officielle est cathedrale-lyon.fr ; certains guides tiers donnent d’autres horaires, qui ne sont pas à jour.

Ces rappels ne sont pas pointilleux pour le plaisir : un quartier dont la valeur tient à son authenticité mérite des dates exactes. Si vous repérez une information qui semble contredire l’une de ces sources, la source officielle doit toujours l’emporter, et cette page sera corrigée en conséquence.

Où voir cette histoire sur place

Pour sentir l’épaisseur de ces siècles, rien ne vaut la marche, mais deux visites aident à lire les rues.

Les musées Gadagne, au 1 place du Petit Collège, réunissent le Musée d’histoire de Lyon et le Musée des arts de la marionnette. Selon la Ville de Lyon, ils sont ouverts du mercredi au dimanche de 10 h 30 à 18 h, et fermés le 1er janvier, le dimanche de Pâques, le 1er mai, le 14 juillet et le 25 décembre. Le métro D, station Vieux-Lyon, est l’accès indiqué ; l’entrée pour les personnes à mobilité réduite se fait au 14 rue de Gadagne. Les tarifs affichés par la Ville de Lyon au 2 novembre 2026 sont de 8 € plein tarif et 6 € tarif réduit (9 € et 7 € pendant une exposition temporaire) ; la page de la Ville n’étant pas datée, vérifiez-les sur le site des musées avant la visite.

Le musée du trésor de la cathédrale, place Saint-Jean, présente d’autres aspects de la mémoire du quartier, avec une entrée libre selon la Ville de Lyon, sous réserve et selon des horaires saisonniers détaillés sur sa page.

Dans la rue, trois itinéraires courts racontent chacun un moment de l’histoire. La rue Saint-Jean et ses cours, avec la Maison du Chamarier, évoquent le XVe et le XVIe siècle. La rue Juiverie et la place du Change, autour de la galerie Philibert de l’Orme, ramènent aux banquiers. Le quartier Saint-Georges, enfin, montre ce qu’était la ville des artisans.

Fête des Lumières : une tradition lyonnaise

La Fête des Lumières 2026 est annoncée du samedi 5 au mardi 8 décembre 2026, avec plus de 25 œuvres, sur le site officiel de la manifestation. Les horaires d’illumination et les parcours ne sont pas publiés sur la page d’accueil du site : nous ne pouvons donc pas annoncer de mise en lumière du Vieux Lyon. Les récits d’origine, qui évoquent un vœu à la Vierge en 1643, lors d’une épidémie de peste, puis des illuminations en 1852, à l’occasion de l’inauguration de la statue de Marie à Fourvière, proviennent de sources secondaires et doivent être pris avec prudence. Pour les dates et les parcours à jour, consultez le site officiel.

Ce que l’histoire change à la visite

Connaître ces dates change la manière de regarder les rues. Une cour ouverte au public n’est pas un hasard de l’histoire, mais le résultat d’une convention signée en 1990. Une façade Renaissance n’est pas un décor : elle a été payée par un banquier florentin ou un marchand attiré par les foires de 1463. Un quartier entier n’a pas été rasé parce qu’une association s’est créée en 1946, qu’une loi a été votée en 1962 et qu’un arrêté a été pris en 1964.

Pour poursuivre, la page Traboules du Vieux Lyon donne les 27 adresses à visiter, les pages sur les trois quartiers décrivent les monuments, et les infos pratiques rassemblent l’accès et les services. Les sources que nous avons utilisées sont consultables directement : Office de tourisme, patrimoine-lyon.org, UNESCO, ministère de la Culture, notice Mérimée de la Tour Rose.

Questions fréquentes

Quand le Vieux Lyon est-il devenu un secteur sauvegardé ?

Le Vieux Lyon est le premier secteur sauvegardé de France. Selon patrimoine-lyon.org, l'arrêté interministériel date du 12 mai 1964. Il s'appuie sur la loi Malraux, loi n° 62-903 du 4 août 1962.

Quand le Vieux Lyon a-t-il été inscrit à l'UNESCO ?

C'est le « Site historique de Lyon » qui a été inscrit en 1998, au titre des critères (ii) et (iv). Il couvre 427 hectares, avec une zone tampon de 323 hectares ; le Vieux Lyon n'en est qu'une partie, avec Fourvière, la Presqu'île et la Croix-Rousse.

Pourquoi le Vieux Lyon est-il si riche en monuments de la Renaissance ?

Les foires de Lyon, confirmées par des lettres de Louis XI du 8 mars 1463, ont attiré marchands et banquiers, notamment florentins. Ils ont bâti des hôtels dans le quartier, comme la galerie Philibert de l'Orme (1536) construite pour Antoine Bullioud.

Quand l'association La Renaissance du Vieux-Lyon a-t-elle été fondée ?

En 1946, selon la Ville du 5e arrondissement et patrimoine-lyon.org. La date de 1954, qui circule dans certains textes, est erronée.

Où voir l'histoire du Vieux Lyon sur place ?

Aux musées Gadagne, 1 place du Petit Collège, où se trouve le Musée d'histoire de Lyon, ouvert du mercredi au dimanche de 10 h 30 à 18 h selon la Ville de Lyon, ainsi que dans les rues et les cours du quartier.